Comment préserver l'équilibre de mon enfant dans la séparation ?
( 10 conseils à suivre impérativement )
Vous êtes enfin séparés ou divorcés.
C'est de votre attitude à tous deux que va dépendre l’équilibre psychologique de votre enfant.
Quelques conseils et les erreurs à ne pas commettre.
- Mon "Ex" change trop souvent à mes yeux de compagnon ou de compagne
- La communication entre nous est mauvaise, cela nuit à l'enfant
- Il pleure ou se plaint de maux de ventre au moment du départ chez l’autre parent
- Mon Ex me critique ou me dénigre sans cesse aux yeux de l'enfant
- Mon Ex me prévient toujours au dernier moment pour changer les dates de visite
- Mon Ex le fait garder par ses parents ou son ami(e)
- Mon Ex ne respecte pas mes recommandations pratiques pour l'enfant
- Je ne peux jamais joindre mon enfant et lui ne me téléphone pas
- A son retour je ne sais pas ce que mon enfant a fait
- Mon Ex le gâte trop, pour accaparer son affection
1 - Mon "Ex" change trop souvent à mes yeux de compagnon ou de compagne
Vous pensez que cela va choquer votre enfant ou le déstabiliser. Demandez à votre Ex d'éviter de mêler trop ouvertement sa vie affective à celle de l'enfant, conseillez-lui de mieux sépararer les deux, de savoir choisir ses tranches de vie entre son enfant et ses "ami(e)s". Dites-lui calmement : «cela n'est pas sain qu’il te voit tout le temps avec de nouvelles personnes».
Si vous estimez, sans être excessif (ve) qu’il y a vraiment danger moral pour l'enfant qui vous conte des comportements, des scènes dont il est témoin et qui ne sont pas de son âge, vous pouvez demander une enquête sociale ou une expertise médico-psychologique.
Mais d'abord, prévenez simplement que s’il ou elle ne change pas d’attitude, vous n’aurez d’autre choix que de faire appel au juge pour demander un changement de résidence ou conditionner les droits de visite, mais que vous aimeriez mieux ne pas en arriver là.
Copyright divorce-famille 2000, reproduction interditte
2 - La communication entre nous est mauvaise, cela nuit à l'enfant
Vous n’arrivez plus à dialoguer calmement. Demandez-vous si votre Ex, ou vous-même, ne fonctionnez plus que par remarques négatives et par reproches. Faites effort pour recentrer la discussion sur des préoccupations admises par tous deux et liées à l'enfant, sur des éléments de discussion constructive à son égard.
Recherchez une tierce personne admise par chacun pour vous aider à échanger plus sereinement ou pour servir de filtre. Si la situation est très tendue, rencontrez ensemble un conseiller conjugal, peut-être même un médiateur familial.
Evitez absolument que le petit ne soit présent lorsque vous vous disputez, cela lui est très néfaste.
3 - Il pleure ou se plaint de maux de ventre au moment du départ chez l’autre parent
Ce comportement d'angoisse est fréquent au début. Il est très souvent mal interprété, notamment en terme de refus de l'autre parent, ce qui se traduit par une pluie d'attestations disant qu'il ne veut plus le voir, suivie d'une requête en suspension des droits de visite. Ceci est quasi-criminel pour l'enfant au plan psychologique.
L'enfant peut être troublé d'émotion à la vue du parent qu'il n'a pas vu depuis longtemps dans son échelle des temps, échelle relative qui ne lui donne pas la même perception du temps qu'à vous.
Il peut traduire un sentiment de crainte face à une situation nouvelle, voire un sentiment de peur d'être disputé ou même rejeté à son retour si la tension qu'il ressent est forte. Il faut alors le rassurer, lui dire que tous deux vous l'aimez et que vous attendrez patiemment son retour.
Ce peut être aussi une manière d'exprimer sa loyauté envers vous car il ressent clairement que cela vous déplait fortement qu'il parte avec "l'autre" ; à l'instar de cette petite fille de trois ans qui disait à sa mère "méchant Papa" juste avant de quitter la maison, pensant ainsi lui faire plaisir ou se faire pardonner de la quitter et qui, à peine assise dans son siège auto pour bébé, lançait à son père : "méchante Maman", par souci de loyauté envers son père cette fois. La relation des parents était, bien entendu, très conflictuelle.
Ne cédez surtout pas à la tentation de tout annuler, de refuser le droit de visite. C'est une décision trop grave. Parlez-lui doucement, dites-lui que vous comprenez que ce n'est pas toujours facile pour lui. Rappelez-lui que ses deux parents l’aiment très fort, qu’il sont chacun heureux de le voir, que votre situation d'adultes ne doit pas l’empêcher de passer de bons moments avec chacun.
Les mêmes comportements peuvent apparaître au retour de week-end ou de vacances.
Ne vous inquiétez réellement, dans les deux sens, que si les pleurs (ou les hurlements) se prolongent anormalement après que vous ayez tenté patiemment de le rassurer. Enquêtez alors sur les conditions de vie de l'enfant chez son autre parent. Examinez-le sur tout le corps. Si vous constatez des anomalies significatives, conduisez-le chez un médecin ou aux Urgences. Faites éventuellement un signalement si des preuves incontestables de mauvais traitement sont découvertes.
haut
4 - Mon Ex me critique ou me dénigre sans cesse aux yeux de l'enfant
C'est sans doute le type de comportement le plus pervers et le plus destructeur à terme pour l'enfant.
Ne critiquez pas ouvertement votre Ex devant l'enfant. Il aime sans doute son autre parent autant que vous-même et cela lui fait mal quelque part, même s'il se sent obligé d'aller apparemment dans votre sens.
On ne peut toutefois pas toujours tout passer, supporter toutes les "vacheries". Mais soyez modéré(e) par rapport à la réalité du reproche que vous pourriez faire. Dites plutôt, pour faire comprendre à votre enfant votre désarroi : "Maman exagère vraiment trop cette fois-ci" ou bien "Papa n'a pas été gentil avec moi".
Ne dites jamais, comme certains le font hélas : "ton père est un gros connard" ou "ta mère est une vraie salope" !
Votre enfant pourrait en être profondément blessé, même sans réagir en apparence.
Il se sait bien issu de ses deux parents. On lui dirait alors : "tu es un enfant de connard" ou "tu es un enfant de salope", l'impact psychologique serait le même ! Lourd de conséquences !
Il peut également, face à un problème, une tension, défendre spontanément son autre parent. Ne transférez pas, ne rejetez pas alors votre propre colère, provoquée par votre Ex, sur votre enfant si celui-ci le (ou la) défend. Ce serait une grave erreur de cible.Copyright divorce-famille 2000, reproduction interditte
L'enfant, même tout petit, perçoit fort bien les tensions entre ses parents. N'imaginez pas que vous allez le berner en faisant comme si de rien n'était. Mais exprimez-lui de façon adaptée vos difficultés : "Tu sais, ce n'est pas toujours très facile pour moi, mais ce n'est pas ta faute, je t'aime très fort, tu sais". Les mères disent facilement aux enfants qu'elles les aiment, les pères sont beaucoup plus réservés à cet égard. Les enfants jeunes ont besoin qu'on le leur dise ; dites-le leur !
Si vous vous efforcez régulièrement d'être positif et constructif au plan affectif à l'égard de votre enfant, vous en récolterez un jour les fruits.
Tandis que ces parents-gardiens qui, non sans habileté perfide parfois, dénigrent l'autre parent et détruisent son image, manipulant à longueur de jours l'enfant jusqu'à lui faire dire qu'il "ne veut plus voir l'autre", puis obtenant la supression des droits de visite enfin, font œuvre éminemment néfaste (certains magistrats, des responsables de "points-rencontre", des éducateurs, sont très irresponsables en la matière).
Tout se paye un jour, bien des années plus tard parfois. L'enfant deviendra un jeune homme déséquilibré ou une jeune femme hystérique.
Ces parents à la possessivité pathologique qui instrumentalisent leur enfant en outil de vengeance, tout en criant haut et fort qu'ils "l'aime" le détruise en réalité irrémédiablement.
Rejetés ou méprisés en final, Ils auront une vieillesse bien triste, s'il leur reste un peu de conscience.
haut
5 - Mon Ex me prévient toujours au dernier moment pour changer les dates de visite
Tentez d'abord un dialogue constructif. Qu’est-ce que votre Ex propose à la place ? Essayez d'instituer une règle, des délais, pour l'avenir.
Demandez à votre enfant s'il a une préférence (anniversaire d'ami, fête,...). Même si votre Ex vous fait enrager ne le faites pas trop paraître devant l'enfant. Réorganisez le week-end ou les vacances pour que votre enfant supporte bien ce changement de programme. Faites comprendre à votre Ex que vous aurez aussi des arrangements possibles en votre faveur, des compensations si le besoin se présente.
Si, malgré tout, votre Ex continue de n’en faire qu’à sa tête, imposez-lui alors le jugement, rien que le jugement, tout le jugement, avec plaintes pour non-représentation d'enfant si nécessaire.
6 - Mon Ex le fait garder par ses parents ou son ami(e)
Il n'est pas du tout anormal que votre enfant continue à avoir de bonnes relations avec toute sa famille, notamment ses grands-parents, même si cela vous déplaît. Les "autres" grands-parents ont des droits. Il serait stupide qu'ils en arrivent à vous intenter un procès pour obtenir leurs propres droits de visite et d'hébergement.
Quant à la présence d'un nouvel ami ou d'une nouvelle amie en apparence "normal(e)" de votre Ex, la jalousie est déplacée, surtout si c'est vous qui avez demandé le divorce !
Au contraire, l'enfant sera peut-être moins culpabilisé en quittant son autre parent, sachant qu'il ne le laisse pas seul. Copyright divorce-famille 2000, reproduction interditte
7 - Mon Ex ne respecte pas mes recommandations pratiques pour l'enfant
Votre Ex ne l’habille pas comme vous le lui avez demandé ; il ou elle ne respecte pas l’heure habituelle des repas ; il lui fait regarder trop la télé, ne le couche pas à la bonne heure ; vous n'êtes pas sûr(e) qu'il ou elle lui donne régulièrement ses médicaments,...
Est-ce que vous ne lui assénez pas trop de consignes ? Vos règles détaillées de vie à vous sont-elles si vitales ? N'y a-t-il pas le droit à quelque différence ? N'est-ce pas justement ce qui plaît à votre enfant ? Feriez-vous de même quand vous confiez l'enfant à vos propres parents ?
Restez vigilant(e) pour l'essentiel mais sans être possessif(ve) ni excessif(ve) pour des détails.
haut
8 - Je ne peux jamais joindre mon enfant et lui ne me téléphone pas
Avez-vous, vous-même, l'habitude de signaler à l’autre parent où vous allez (vacances,...) et de faire téléphoner régulièrement l'enfant ? Si ce n’est pas le cas, commencez par créer vous-même cette habitude.
Passez un accord de bonnes pratiques.
Si vos relations sont très tendues, commencez avec un ami ou un membre de la famille avec lequel vous avez tous deux un bon contact et qui transmettra les nouvelles.
Si vous pouvez vous le permettre et que votre enfant est assez âgé, vous pouvez lui offrir un téléphone portable. Choisissez bien le système ou le type de contrat...(avec plafond,...). Sachez tout de même qu'il servira plus à appeler les copains que vous-même ! Mais vous pourrez en principe le joindre aisément.
Si l'autre parent lui confisque ou le détruit et continue à vous raccrocher au nez (ou est sur liste "rouge") intervenez sévèrement. Lancez une requête auprès du Juge aux Affaire Familiales. Exigez que l'on fasse régulièrement téléphoner l'enfant un jour et une heure précise à votre n° (jurisprudence Cour de Versailles).
9 - A son retour je ne sais pas ce que mon enfant a fait
Les interrogatoires "de police" au retour de l'enfant son traumatisants pour lui et nocifs au plus haut point.
Si l'enfant garde son "jardin secret", c'est pour se protéger des conflits que pourraient déclencher ses révélations, même anodines. C'est aussi par loyauté envers chacun, dans un sens comme dans l'autre.
S'il raconte des choses "pour faire plaisir" au parent dont l'autoritarisme le terrorise (sans même que ce parent n'en ait conscience) la situation est déjà très malsaine. Il n'est même pas sûr qu'il n'en rajoute pas pour plaire. De graves quiproquos peuvent en sortir, et surtout pas la réalité des situations.
Il peut aussi ne rien dire en se vengeant, inconsciemment, de ses parents qui se sont séparés pour son malheur et qui n'avaient qu'à, chacun leur tour, être là !
Seul un climat de confiance (y compris avec votre Ex) vous permettra de savoir ce qu'il fait chez "l'autre". Il racontera alors spontanément ce qu'il a fait d'agréable ou ce qui lui a déplu.
Copyright divorce-famille 2000, reproduction interditte
10 - Mon Ex le gâte trop pour accaparer son affection
L’amour ne s’achète pas !
Les enfants apprécient les cadeaux et les bienfaits mais ils apprécient aussi l'équilibre parental qui s'appuie sur des limites et des repères clairs. Ils sont surtout sensibles à la justice (la vraie...) et ont besoin d'amour pur. Plus âgés, ils donneront plus de poids aux vraies valeurs transmises, même si l'un des parents les a rendus capricieux, pour leur malheur.
Il faut que les parents "gardiens" comprennent aussi que "l'autre parent" semble avoir bien peu de pouvoir réel dans le système actuel, vouloir l'affaiblir encore plus ne peut que nuire à l'équilibre de l'adolescent et du jeune adulte que deviendra cet enfant. Des petits cadeaux modestes mais fréquents sont une preuve d'affection.
La surenchère de cadeaux somptueux par les deux parents peut conduire l'enfant à les mépriser tous deux.
haut